Mercredi 10 juin 2009
C'est donc une interview de Roselyne Bachelot, ministre de la santé qui explique que les besoins en produits sanguins augmentent et que pour les satisfaire, les personnes agées jusqu'à 70 ans peuvent donner leur sang (au lieu de 65), et ce 24 fois par an, au lieu de 20.
Après cela, elle parle de la sécurité transfusionnelle, qui est très forte, et qu'en raison de certains risques, les gays ne peuvent pas donner leur sang.
Pour cela deux éléments :
"D’abord, il y a une période muette de plusieurs jours, entre le moment où la personne a été en contact avec le virus et le moment où le virus circule dans le sang et donc devient détectable. Ce qui pose un vrai problème.
Ensuite, les données épidémiologiques sont incontestables : entre 10 et 18 % des gays sont contaminés, alors que ce pourcentage est de 0,2 % pour les hétérosexuels."
Certes. "Les situations épidémiques ne sont pas les mêmes. Il y a un risque, et ce risque est trop élevé."
L'avantage des statistiques c'est qu'on peut faire dire aux chiffres ce qu'on veut, surtout si on n'y réfléchit pas.
Le risque n'est pas, "la personne devant moi est séropositive",
le risque est "la personne devant moi est séropositive ET je ne suis pas en mesure de le détecter", ce qui est sensiblement différent., ce qui revient à dire que la personne qui donne son sang a été en contact dans les jours précédents avec le virus du sida.
Si on accepte que plus de la moitié des contaminations sont dues à un rapport hétérosexuel, même en considérant que la population homosexuelle est bien moindre (10%) que la population purement hétérosexuelle (90%) on arrive à cette conclusion
la population hétérosexuelle représente plus de nouveaux contaminés que la population homosexuelle, ceux-là même qui présentent un risque lors d'un don du sang.
Alors même s'il y a 8/9 fois plus d'hétérosexuels que d'homosexuels, le risque que la personne devant moi homosexuelle soit séropositive sans qu'on puisse le déterminer et dont 8 fois plus important que si cette personne était hétérosexuelle, et non pas 80 comme le laisse supposer la ministre, dont pourtant tout le monde connaît l'engagement personnel. (si quelqu'un a des chiffres plus précis d'ailleurs)
Cela sans parler de relations sexuelles non protégées dans les jours précédents le don du sang.
La question est donc de savoir, si autoriser le don du sang aux homosexuels est si risqué que ca, en déterminant le risque que cet homosexuel ait contracté le virus du sida dans les jours précedents le don du sang.
Si en plus on considère qu'une personne homosexuelle a sans doute autant envie de donner son sang dans les jours suivant un rapport sexuel non protégé en toute conscience, la question essentielle n'est pas
"avez vous déjà eu des relations homosexuelles ?".
mais "avez vous eu des relations sexuelles non protégées lors des X dernières semaines ?"
Un homosexuel peut répondre non aux deux questions, tout en sachant qu'il ment, ce qui ne le rend pas différent d'un hétérosexuel qui répondrait non aux deux questions, mais en ne mentant que sur la deuxième, ce qui est il faut l'avouer risqué/criminel.
Mise à jour
Découvertes de séropositivité VIH par mode de contamination et par sexe
| Sexe | Total | |||
| Femmes | Hommes | |||
| Mode de contamination | . | 5546 | 5546 | |
| 1-Homosexuel/Bisexuel | ||||
| 2-Usager de drogues | 90 | 329 | 419 | |
| 3-(1 et 2) | . | 33 | 33 | |
| 4-Hémophile | . | 2 | 2 | |
| 5-Hétérosexuel | 6434 | 4834 | 11268 | |
| 6-Transfusé en France | 2 | 6 | 8 | |
| 7-Mère/Enfant | 83 | 65 | 148 | |
| 9-Autre/Inconnu | 3138 | 4826 | 7964 | |
| Total | 9747 | 15641 | 25388 | |
Source InVS Surveillance du VIH - données cumulées 2003- juin 2008, non corrigées pour la sous-déclaration