Lundi 12 octobre 2009
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A entendre les âneries débitées par les intellectuels (sic) quant à l'affaire Polanski/Mitterrand, pourquoi ne pas moi aussi profiter de l'occasion pour en donner quelques autres ?
Résumons :
R. Polanski est arrêté en Suisse pour une affaire de viol sur une mineure de 13 ans en 1977, pour laquelle il n'a jamais été jugé, préférant fuir des Etats-Unis.
Frédéric Mitterrand, ministre de la culture affiche son soutien à Polanski, en tant que défenseur des artistes français
Marine le Pen demande à F. Mitterrand de démissionner pour un livre vieux de 4 ans qu'elle n'a sans doute pas lu.
Benoît Hamon demande à Mitterrand de justifier son livre, se basant sur la sortie de Marine le Pen, au sujet d'un livre que lui aussi n'a sans doute pas lu.
Soutien de l'exécutif, incompréhension à l'étranger, Montebourg et Hamon en rajoutent une couche, DCB en difficultés avec son livre d'il y a 35 ans (clash avec Bayrou) se sent obligé de critiquer
Mitterrand, les soutiens à droite restent peu nombreux (ne surtout pas déplaire à l'électorat)
Mitterrand réplique par "la bave du crapaud n'atteint pas la blanche colombe" et défend son honneur chez Laurence Ferrari qui ne l'a pas lu (et qui de toute façon n'a rien compris, ni écouté ce
qu'il était venu dire).
Finkielkraut est interviewé sur Inter, et défend Polanski qui ne devrait même pas être accusé de détournement de mineure puisque la plaignante n'était pas "une enfant mais une adolescente", qui en
plus posait nue pour Vogue Homme. Se rajoute à ça que RP a vécu l'holocauste, le communisme, la déportation de sa mère, l'assassinat de sa femme, et que finalement s'il y a une victime incomprise
dans l'histoire c'est bien Polanski. Et que si on en veut aux élites artistiques c'est que l'élitisme est source d'injustice et qu'aujourd'hui, il vit dans l'épouvante où tout le monde peut
raconter n'importe quoi sur internet, degré zéro de la pensée, source d'amalgames et de médiocrité intellectuelle. Et d'ajouetr que si l'on s'acharne sur Polanski c'est qu'il est connu et respecté.
il devient une sorte de bouc émissaire pour les injustices vécues quotidiennement par les classes populaires.
Marine le Pen n'a pas été convaincue par la défense de FM, et continue de réclamer sa tête (mais voyons madame ferrari, on sait quand on voit un boxeur thailandais de 40 ans qu'il n'est pas mineur,
dût-il tapiner pour payer ses études quand il ne voit pas sa copine?)
BHL s'insurge contre le moralement correct et la nouvelle brigade des moeurs qui aurait tout aussi bien condamné Frédéric Mitterrand que Gide, Blum, Jaurès ou Malraux à leur époque (respectivement
pour sa pédérastie, ses réflexions licencieuses, le tourisme sexuel ou la toxicomanie).
Finalement ce n'est peut-être pas si simple que ça.
Bon, essayons de comprendre nos intellectuels et tentons de déchiffrer leurs raisonnements fallacieux qui les amène à justifier ce qu'ils veulent justifier.
Commençons par Finkielkraut.
- Polanski risque de finir sa vie en prison, c'est atroce, mais s'il n'avait pas été un artiste de renom, on l'aurait laissé tranquille.
Aujourd'hui certes, parce qu'un individu lambda aurait déjà purgé sa peine depuis longtemps (si peine il devait y avoir il y a déjà trente ans).
La fille avait déjà 13 ans et c'était loin d'être une enfant, plus assez en tout cas pour poser nue pour vogue hommes et que pour cette raison il ne devrait pas être inquiété pour une affaire de
détournement de mineur.
Sauf qu'il éclipse l'accusation de viol (de toute façon, à se faire photographier nue, elle l'a vraiment mérité..) et que, au moins dans le droit français, il est illégal pour un adulte d'avoir des
relations sexuelles avec un mineur de moins de 15 ans et que l'âge n'est pas le seul critère, les peines étant accentuées lorsque l'adulte a un ascendant sur le mineur (comme pourrait avoir un
photographe sur son modèle par exemple ?)
(articles
227-25 et 26 du code pénal)
Quant à BHL qui réfléchit lui aussi avec ses pieds (ce qui est déjà pas si mal finalement) son intelligence supérieure est difficilement compréhensible.
Le moralement correct (brigade des moeurs) est du domaine de l'extrême droite et on doit excuser comme on a excusé Gide, Jaurès et Malraux pour leurs vicissitudes ? (enfin il ne me semble pas que
Gide se soit porté défenseur d'un présumé violeur homosexuel, Malraux d'un trafiquant d'opium ou Jaurès... d'un Polanski du début du siècle).
Le souci n'est pas que Mitterrand ait "courageusement" revendiqué dans un livre son ancienne mauvaise vie, c'est qu'on puisse douter de l'intégrité de ses réactions et de ses décisions comme homme
d'état. Un problème d'éthique, et donc plus de morale...