Pas la peine de préciser, tout le monde connaît déjà plus ou moins mon goût prononcé pour la musique française, ancienne, au pire kitchouille. Peut-être est-il plus utile de préciser qui est cette Frida Boccara ?
Comme vous vous en êtes sans doute rendu compte, hier a eu lieu l'Eurovision. La France, vaillamment représentée par Ortal, a terminé à la 23ème place. Rien de bien étonnant me direz-vous. Pourtant il y a eu quelques années où la France a connu son heure de gloire lors de ce concours. En 1969, la France a gagné l'Eurovision grâce à ...
Frida Boccara !! ( ça tombe bien...) avec sa chanson "Un jour, un enfant".
Justement, apres "Viens", de Marie Laforêt , "Eloise" de Cloclo, ou "Poupée de cire poupée de son" de France Gall, c'est cette chanson que j'écoute en boucle.
Un jour se lèvera
Sur trois branches de lilas
Un enfant regardera
Comme un livre d'images.
Le monde autour de lui
Sera vide et c'est ainsi
Qu'il inventera la vie
A sa première pa-a-ge.
En dessinant la forme d'une orange
Il donnera au ciel son premier soleil
En dessinant l'oiseau
Il inventera la fleur
En cherchant le bruit de l'eau
Il entendra le cri du coeur
En dessinant les branches d'une étoile
Il trouvera l'enfant le chemin des grands
Des grands qui ont gardé
Un regard émerveillé
Pour les fruits de chaque jour
Et pour les roses de l'amour.
Pourtant ma relation avec elle a commencé il y a des années déjà, bien avant le moment où j'ai commencé à apprécier sa voix douce et mélodieuse. Attention, accrochez-vous; ça va déménager.
Chez mon grand-père paternel, à Uzès, dans sa salle de musique trône un poster de Frida Boccara. Mais pas n'importe quel poster. Vous avez vu le personnage, il ne se caractérise pas par une grâce ou un charme incommensurable. Le pire suit.
Le poster avait un fond blanc, entouré de rose, bien pétant.Au centre, Frida de face se tient les cheveux, a la manière de couettes, en criant (la gueule bien ouverte...). Ce poster m'a toujours traumatisé. A un point tel qu'elle a été le démon qui hantait toutes mes nuits d'enfance. Lors de mes rêves, je pressentais son arrivée, ça me tétanisait, je ne pouvais lus bouger et je la voyais arriver, elle, ce monstre, cette sorcière, cette voleuse d'enfants. L'imagination d'un enfant peut être débordante, n'est ce pas ? Quoiqu'il en soit, elle arrivait, alors je criais, et ça me réveillait ! Souvent avec mes parents à côté.
Ce cauchemar s'est renouvelé régulièrement jusqu'à une nuit de mes 12 ans. La fréquence de ses apparitions avait diminué. Et une nuit, le scenario se renouvelle : je me crispe, je sens qu'elle arrive, je me tétanise et je la vois. Elle. Derrière la fenêtre. Je sais qu'elle vient pour moi. Et elle arrive, devant moi. Et là, je me libère, et à la manière d'un enfant, je me révolte et , MIRACLE, elle fuit !!! Elle n'est plus jamais revenue perturber mes nuits.
Désormais, elle hante celles de mes voisins...